Disque enregistré le 20 décembre
2008 à l'occasion du Fest-noz de noël à Sucé sur Erdre (44)
Comme avant d'eux ?
La
musique d'Esquisse m'évoque les mouvements et l'énergie d'une danse
populaire qui se pratiquait autrefois dans les campagnes du Nord-Est de
Loire-Atlantique, et qui se danse aujourd'hui dans le fest-noz du
samedi soir : l'avant-deux de travers.
La musique d'Esquisse
comme l'avant-2 est d'un côté urbaine et aristocratique, complexe et
raffinée. De l'autre paysanne et ancrée, brute et puissante, terrienne
et tribale. Toujours duale, en frottements.
Comme l'avant-2, la
musique d'Esquisse fait se succéder différentes figures, différentes
ambiances, différents états d'âme et de corps, tout en conservant une
même énergie, une même cohérence de mouvement. Des temps où l'on se
fait face, où l'on se jauge, où l'on se sourit. Des temps où l'on se
rapproche, où l'on se colle, où l'on se caresse parfois. Mais des temps
aussi où l'on saute, où l'on crie, où l'on explose.
L'esprit
d'Esquisse, comme le jeu de l'avant-2, est collectif. Il fait se
croiser les regards, se rapprocher les bras, les mains, les hanches.
Mais il est aussi individuel et soliste. Il laisse libre cours à
l'intuition, à l'imagination. A la fois « jeu collectif » et
improvisation personnelle, cohérence rythmique et joute débridée,
centrifuge et centripète.
A la manière d'un avant-2,
la musique
d'Esquisse se joue à quatre. Mais parfois un trublion s'invite dans la
danse, faisant exploser les habitudes pour retrouver un nouvel
équilibre de mouvements, à cinq. Esquisse5...
Je me suis
toujours posé cette question existentielle : s'il est de travers,
comment l'avant-2 fait-il pour avancer, ne pas perdre son énergie
motrice ? La réponse n'est qu'une Esquisse...
Sylvain Girault
S-QUISSE
"Les trois rives"
année 2008 | 12 titres
Extraits
: Retour à la réalité et Test :
L'album
de la version "concert" du groupe Esquisse avec Olivier Congar au
Percussions et en invité Gregory JOLIVET à la vielle et Juanjo MOSALINI
au bandonéon
A
propos de « Les Trois Rives » nouvel album d'(S)quisseA l'écoute de ce
nouvel opus, on a l'impression que les cinq d'(S)quisse se font un
malin plaisir d'échapper à l'armée des étiqueteurs, des
classificateurs, des ratiocinateurs. On trouvera toujours bien sûr
quelque âme charitable pour se pencher sur le berceau de leur musique
et affirmer que « ceci est sans conteste du
trad-breton-funk-jazz-balkano-latino ». Sans doute, sans doute... On
peut en effet tenter à la première écoute de ce disque de coller un
sticker, une marque marchande, péremptoire et définitive. Ça rassure,
les stickers, ça donne de l'air, ça permet de passer au suivant. Et si
on prenait davantage en compte le temps qui passe ? La démarche plutôt
que le résultat, le travail plutôt que l'étiquette, l'évolution plutôt
que le « produit » final ?J'ai vu il y a douze ans les deux frères
Badeau tout minots au pied des scènes de festoù-noz écouter et ne pas
perdre une miette musicale de ce qui se passait. J'ai le sentiment
qu'ils n'ont eu de cesse depuis cette époque d'intégrer et d'assimiler
la force et la complexité de cette musique populaire issue de la
tradition orale bretonne. Je sais qu'ils ont projeté tout cela dans
leur univers de jeunes nantais ouverts aux quatre vents des mondes
musicaux, ouverts à la porosité des langages artistiques, ouverts aux
rencontres fructueuses. Gardant bien à l'esprit que seuls comptaient
finalement le jeu, l'improvisation, l'échange... S'enrichissant de
mille sons, de mille croisements, et passant de deux, à cinq...Alors
définir la musique d'(S)quisse je veux bien, mais celle-ci n'est
définitivement pas un produit étiquetable ! Ce disque est une
photographie, un arrêt sur image, l'esquisse d'une musique en perpétuel
mouvement. C'est ce qui la rend belle. Sylvain
Girault
Extraits
: Le pouce étiré et Tu veux un yaourt :
p
À
propos de « Dual »
On capte ici, des musiques
qui naissent de sources dans la profondeur de
terres habitées par de
longues mémoires. Chants et danses s’entrecroisent, il ne
s’agit pas de tradition
monolithique. Entre le flirt avec l’une des danses
hongroises de Brahms et le
chant émouvant d’une femme, si nu et si intense, le
jeu de ces musiciens nous
entraîne dans des espaces musicaux véritablement
polychromes. Certains
instants musicaux nous accueillent dans un monde
rassurant et parfois
subitement, des gestes pleins d’énergie, des rythmes
déphasés nous obligent à
une écoute très active. Cet enregistrement est un
voyage très agréable dans
un paysage d’âmes d’une terre fertile....
François ROSSE
1 - Met le !
2 - Mijeur
3 - Panique
4 - Dérapage
5 - Les nuits
s'écourtent
6 - Feurluches
7 - Prémices...
8 - Tour novice
"Esquisse : commencement et
ébauche. Il est vrai que ce trio, nous
venant
du pays gallo, n'en est qu'à ces débuts et que les quatre cents coups
sont
à venir, mais quelle modestie les a piqué pour obtenir ce senti
personnel si
original
et dégageant autant de maturité. Cela, ne ressemble en rien à une
ébauche.
L'alchimie est parfaite. Le phrasé soigneusement étudié de Thomas, à
la
clarinette, se marie à merveille avec les harmonies et autres
surprenantes
rythmiques
de son frère François, à l'accordéon. la complicité, bien sûre est
évidente
entre ces deux là, mais ils la partagent et la renforcent avec la
bombarde
que vincent fait rire ou pleurer, tel un jazzman emporté dans les
tourbillons
de ses chorus.
Esquisse
nous fait entendre, avec cet enregistrement, une musique
bretonne
en perpétuelle évolution, riche en influences diverses et en
inventivité.
Toujours
au service de la danse, leur musique, aux milles fantaisies, respire la
douce
chaleur des festou-noz.
Mon
dictionnaire, pour conclure la définition de ce mot "esquisse",
me
donne cet exemple : esquisse d'un sourire. croyez- moi, si par bonheur,
vous
croisez cette formule magique au hasard d'un fest-noz, le plaisir de
l'entendre
se fera sentir dans vos jambes et risque fort de vous faire sourire
pendant
un bon moment..."
Janick
MARTIN